Christel Baugniet a développé ses compétences en intelligence artificielle à l’eduLAB pour pouvoir répondre aux besoins réels de ses étudiants. Entre parcours ludiques, ressources évolutives et agent conversationnel dédié aux mémoires, elle construit pas à pas des outils qui facilitent l’apprentissage tout en encourageant l’autonomie.
MFP donnant cours de méthodologie générale et de la recherche en section kinésithérapie à la HELHa, Christel Baugniet accompagne chaque année des étudiants amenés à mobiliser des articles scientifiques issus de revues internationales dans leurs travaux.
Une réalité qui l’a conduite, en 2024, à déposer avec des collègues un projet de bourse à l’innovation pédagogique consacré à l’utilisation de l’IA dans la recherche documentaire dans le domaine de la santé.
C’est dans ce contexte qu’elle découvre le parcours Référent IA proposé par l’eduLAB.
« Ce projet intitulé « Lost In Doc ? » prend la forme d’un parcours ludique conçu sur Genially et a ouvert la porte à une réflexion plus large sur la manière de développer les compétences de recherche documentaire des étudiants à l’ère de l’IA. L’objectif n’était pas de mettre l’IA au centre du dispositif, mais de montrer comment une utilisation critique et éclairée de ces outils peut renforcer les compétences indispensables à tout étudiant amené à rechercher et à analyser de la littérature scientifiques. », explique-t-elle.
C’est dans ce contexte qu’elle découvre le parcours Référent IA proposé par l’eduLAB.
Une communauté qui nourrit la réflexion
Au-delà des contenus des différents modules suivis, elle retient surtout la richesse des échanges avec des enseignants issus de contextes très différents : « À l’eduLAB, on rencontre des personnes ressources et des personnes inspirantes tout au long du parcours. Des idées émergent continuellement, chacun se questionne sur ses propres pratiques et cherche à se réapproprier certaines découvertes selon la réalité de son public et son domaine d’expertise. »
La possibilité de manipuler les IA, de tester leurs fonctionnalités et de produire directement des ressources lui correspond particulièrement.
« On ne reste pas uniquement dans la réflexion théorique. Il y a une vraie volonté de créer des outils qui peuvent avoir un impact direct sur notre travail au quotidien », témoigne-t-elle.
Pour Christel, c’est précisément cette alternance entre réflexion, échange et expérimentation qui fait la différence. La formation ne reste pas à distance de sa pratique.
Des outils pensés pour les besoins des étudiants
Ce mode de fonctionnement se traduit rapidement par des réalisations concrètes.
Parmi elles, un poster scientifique évolutif rassemble différents outils d’intelligence artificielle utiles à la recherche documentaire.
« Dès la deuxième année, les étudiants doivent dans le cadre de leurs travaux trouver les bonnes sources, construire une stratégie de recherche ou encore évaluer la qualité d’une publication. Je me suis rendu compte que leurs connaissances en matière d’IA était souvent fermée aux outils classiques », contextualise l’enseignante.
Références inventées, articles peu fiables ou informations présentées avec assurance malgré leur caractère erroné font partie des pièges auxquels les étudiants peuvent être confrontés en utilisant l’intelligence artificielle sans recul.
Le poster joue alors un rôle de cadre et donne des repères pour apprendre à utiliser les outils IA avec méthode, prudence et esprit critique.
Gain de temps pour les enseignants, réactivité pour les étudiants
Une autre réalisation marquante vient soutenir les étudiants de master ainsi que les enseignants : un agent conversationnel dédié au mémoire.
« Le mémoire génère du stress, du questionnement et la « commission des mémoires » se retrouve submergée avec 150 étudiants en master. Cet agent nous soulage face aux questions récurrentes et chronophages en orientant, quand c’est possible, l’étudiant vers le document de référence fourni par la HELHa. »
L’objectif n’est évidemment pas de remplacer l’accompagnement humain mais de le recentrer sur ce qui demande réellement une expertise humaine.
L’expérience de Christel montre que l’intelligence artificielle n’est pas uniquement une question de technologie. C’est aussi une invitation à repenser certaines pratiques, à s’ouvrir à de nouvelles façons d’accompagner les apprentissages. Avec un peu de curiosité, l’envie d’apprendre et la richesse des échanges entre pairs, chacun peut trouver sa manière de s’approprier ces outils. Peut-être que d’autres enseignants y verront, eux aussi, une occasion d’explorer de nouvelles pistes au bénéfice de leurs étudiants… et de leur propre pratique.
